Très instructif ce reportage dans "l'EXPRESS" de ce matin, sur l'évolution des nouveaux métiers d'avenir liés au tourisme :
Société

Sea, sun and gigolos De drôles d’oiseaux surnommés gigolos rôdent sur les plages les plus touristiques de l’île. Pour quelques billets ou un dîner à l’oeil, ils déploient leurs plus beaux atours auprès de femmes seules en vacances. Un phénomène qui prend de l’ampleur. 
Le regard dissimulé derrière des lunettes de soleil de grande marque, Tino, comme il se fait appeler, scrute depuis une heure la plage de Péreybère. Assis à l’ombre d’un arbre, il guette les groupes de touristes venus se détendre. La raison est simple : Tino est gigolo. Il monnaye ses faveurs sexuelles auprès des vacancières qu’il aborde à la plage comme à la ville.
Longtemps ignorée, la prostitution masculine sort depuis quelques années de l’ombre pour s’afficher dans les régions les plus touristiques de l’île. Nous avons voulu en savoir plus sur ces hommes qui vendent leurs corps en échange de quelques billets ou d’un bon dîner dans un restaurant. Nous avons ainsi rencontré des gigolos, opérant dans le Nord de l’île, et qui ont accepté de lever un coin de voile sur cette pratique de plus en plus répandue.
Ces travailleurs du sexe d’un nouveau genre sont facilement repérables. Toujours en groupe de trois ou quatre, ils sillonnent les plages à l’approche du week-end afin d’identifier les « clientes » potentielles. Dès qu’une vacancière s’isole ou s’écarte du groupe, l’un d’entre eux tente une approche. À l’instar de Tino qui, plutôt sûr de lui, arbore son plus beau sourire lorsqu’il aborde une femme seule. Après avoir échangé quelques compliments d’usage, il lui arrive cependant de se faire gentiment envoyer sur les roses. Le refus est toutefois toujours poli, même s’il est catégorique.
Mais qu’importe, Tino retentera sa chance quelques minutes plus tard avec une vacancière plongée dans la lecture d’un bouquin. Cette dernière, bien que sensible aux paroles du jeune gigolo, ne donnera pas suite à la conversation. Tino revient vers nous, quelque peu irrité de n’avoir pas pu conclure et ainsi nous démontrer l’efficacité de sa « méthode de travail ».
Des « flirts à la chaîne »
« Ce n’est pas un très bon jour aujourd’hui, les touristes sont venus en groupe », lâche-t-il en guise d’explication. Mais loin d’être une simple démonstration de charme pour se payer du bon temps avec des ressortissantes étrangères en vacances dans notre île, ces « flirts à la chaîne » sont pour Tino et trois de ses compagnons, un moyen de gagner leur vie. Ils monnaient, en effet, leurs faveurs sexuelles en échange d’argent.
Selon les dires de Tino, ils seraient une vingtaine d’hommes à Grand-Baie à s’adonner à la prostitution. « On se connaît tous par ici et on s’informe entre nous des plages les plus fréquentées du moment ou de la boîte de nuit où il y a le plus de femmes seules », nous explique ce jeune homme de 26 ans, qui jure n’éprouver aucune honte à s’adonner à cette pratique. « Comme c’est un endroit très touristique, on est plus libre de faire ce qu’on veut. Personne ne nous juge. Et même s’ils le faisaient, on s’en fiche », poursuit Tino.
Du côté des touristes, ces sollicitations répétées s’apparentent davantage à de la distraction qu’à une gêne réelle. « Ils ne sont pas méchants. Ils vous approchent et vous font des compliments bon enfant. Si vous voulez qu’ils vous laissent tranquille, il suffit de secouer la tête ou de ne simplement pas
prêter attention à eux. Du moment qu’ils ne sont pas trop entreprenants, cela ne me gêne nullement », nous explique Maryline, une ressortissante française d’une trentaine d’années, qui passe régulièrement ses vacances à Maurice.
Une autre touriste, d’origine belge, s’étonne de la
présence croissante de gigolos sur les plages mauriciennes. « Je viens à Maurice depuis une dizaine d’années maintenant et j’ai été très surprise de voir qu’il y avait ici aussi des gigolos sur les plages. Entre ceux qui tentent de vous vendre une babiole et ceux qui vous offrent un service, disons plus personnalisé, les plages mauriciennes ne sont plus ce qu’elles étaient », déplore Marjorie, âgée de 47 ans.
Le nombre d’hommes engagés dans la prostitution aurait considérablement augmenté, laissent, pour leur part, entendre des travailleurs sociaux. Si ces derniers évoquent clairement le terme « prostitution masculine », Tino et ses amis se montrent, quant à eux, plus réservés. « On ne se prostitue pas. On ne fixe pas de prix et on parle encore moins d’argent. Si l’on nous en donne, tant mieux, mais ce sont de simples cadeaux », se défend Stéphane, âgé de 27 ans, qui, comme il le dit lui-même, « cumule les conquêtes » depuis trois ans.
Un point de vue que ne partagent pas tous les travailleurs sociaux (voir hors-texte) qui expliquent cette dénégation de la prostitution par un manque de discernement tant de la part des femmes que des gigolos eux-mêmes.
« Ces femmes n’ont pas l’impression d’entretenir un gigolo, car à la différence des hommes, elles ne payent pas ouvertement pour avoir une relation sexuelle, puisqu’elles leur accordent une aide matérielle sous forme de repas ou encore de cadeaux. De ce fait, les hommes aussi n’ont pas l’impression de se prostituer, mais simplement de prendre du bon temps », explique le représentant d’une organisation non gouvernementale.
« Elle recommande le gigolo à des amies »
Ce que confirment des gérants de boîtes de nuit et de pubs de la région qui évoquent le nombre croissant d’hommes engagés dans la prostitution. « La prostitution masculine concernait auparavant essentiellement des travestis qui monnayaient leurs faveurs sexuelles. Maintenant, on voit des hommes qui abordent ouvertement des femmes seules au bar et leur demandent si elles souhaitent de la compagnie », raconte le gérant d’une discothèque qui a requis l’anonymat.
Et de poursuivre : « Si la femme en question a pris du bon temps durant ses vacances, il n’est pas rare qu’elle recommande le gigolo avec qui elle a passé ses vacances à des amies qui retiendront à leur tour ses services. » Le bouche à oreille, s’il marche, risque d’ici quelques années de placer Maurice dans la liste des pays reconnus pour leur tourisme sexuel.
SAINT-DOMINGUE : DESTINATION SEXE
On les appelle les Sanki Panki. Ces gigolos sillonnent les plages touristiques de Saint-Domingue et appâtent les vacancières venues « profiter pleinement » de leurs vacances. La réputation de cette île de la République dominicaine n’est, en effet, plus à faire.
Chaque été, plusieurs milliers de jeunes femmes choisissent cette destination pour ses Sanki Panki.Plus qu’une destination à la mode, cette île longtemps appréciée pour sa quiétude est aujourd’hui au centre d’un « commerce » lié à la prostitution masculine. Certains comparent déjà l’île avec celle tristement célèbre pour son tourisme sexuel, la Thaïlande. Cette situation s’y est développée avec, semble-t-il, l’assentiment des autorités qui n’a entrepris,à ce jour, aucune action pour mettre un terme à ce « business » parallèle.
Elles sont, en effet, nombreuses à venir à Saint-Domingue car, dans cette île des Caraïbes, où plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, beaucoup d’hommes n’hésitent pas à vendre leur corps pour un repas ou pour une nuit d’hôtel.
De plus en plus de jeunes, et même parfois des mineurs, se lancent ainsi dans « la chasse à l’Européenne » pour gagner leur vie ou tout au moins prendre du plaisir à moindres frais.
Une bonne partie d’entre eux considère même la prostitution comme un tremplin en espérant celle qui les ramènera dans son pays.
Il s’agit pour ces hommes d’un moyen comme un autre d’échapper à la misère.
Mais peu réussissent…
à suivre.....