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Vieux 09/07/2007, 00h51
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Moris

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TEMOIGNAGES

« C’est arrivé un peu par hasard »

Le jeune homme, qui nous accueille dans un petit deux-pièces, situé à Grand-Baie, semble quelque peu intimidé. Il nous invite à nous asseoir et reste silencieux pendant quelques longues secondes. Nous l’appellerons Ludovic.

Accoudé à l’unique table de la pièce, ce jeune de 27 ans a accepté, après beaucoup d’hésitation, de nous raconter son quotidien, ou plutôt ses nuits à écumer les boîtes de nuits du Nord de l’île, à la recherche de vacancières esseulées. Son métier : gigolo. Mais il préfère le terme « accompagnateur ».

« C’est arrivé un peu par hasard », confie-t-il, songeur. Cela remonte à trois ans, du temps où il travaillait comme barman dans un établissement hôtelier du Nord. « Une ressortissante italienne m’a abordé un soir, alors que je travaillais au bar. Elle devait avoir une quarantaine d’années. Elle était arrivée seule à Maurice quelques jours plus tôt pour des vacances. Nous avons parlé et à la fin de la soirée, elle m’a demandé de l’accompagner dans sa chambre », poursuit le jeune homme, sans aucune gêne.

Et d’affirmer que la vacancière lui aurait remis une certaine somme d’argent le lendemain matin. « Je ne lui avais pourtant rien demandé », jure Ludovic.

Il évitera, par la suite, de croiser l’Italienne, ne sachant pas très bien quoi penser de ce « cadeau ». Il affirme ne plus très bien se rappeler du montant.

Quelques jours plus tard, il se confie à un collègue et ami. celui-ci ne s’en étonne nullement, laissant seulement entendre que « cela arrive parfois ». Il apprendra plus tard que de nombreux employés de l’hôtel entretiennent des liaisons avec des clientes. « Il leur arrivait d’accompagner les vacancières en balade ou en boîte le soir. Il s’agissait le plus souvent de groupes de filles venues passer des vacances entre copines », souligne Ludovic. Et d’ajouter cependant qu’il n’était pas tout le temps question de prostitution. « Les jeunes femmes ne nous donnaient pas toujours de l’argent. Elles voulaient simplement prendre du bon temps. Nous ne demandions rien de mieux », poursuit Ludovic en arborant un grand sourire.

Les choses ne se sont toutefois pas passées comme il l’aurait voulu. Il sera licencié quelques mois plus tard après que ses supérieurs eurent appris qu’il entretenait des relations avec des clientes de l’hôtel, ce qui est strictement interdit aux employés des établissements hôteliers.

« Ler la mem mo finn coumans bat bis », explique Ludovic. Comprenez par là se faire entretenir aux frais de ses conquêtes. Le scénario est invariablement le même. Après avoir repéré une femme seule en boîte ou à la plage, il l’aborde avant de lui offrir un verre. « Cela ne marche pas toujours, mais généralement je repère assez vite celles qui sont seules et qui recherchent de la compagnie », déclare le jeune homme, sûr de lui.

De l’argent, il n’en gagne pas tant que cela, assure-t-il. « Je profite davantage du train de vie parce que les femmes que je rencontre m’invitent parfois à l’hôtel ou sinon au restaurant. Elles veulent simplement un peu de compagnie durant leurs vacances », tente-t-il de justifier. Et cela lui « suffit ».

Mais cette vie n’est pas pour plaire à ses proches qui réprouvent ses sorties nocturnes. Cette situation devient rapidement source de violentes disputes. « Je n’ai jamais rien caché à ma famille. Je savais que ma façon de vivre ne leur plaisait pas, mais je n’aurais pas cru qu’ils réagiraient comme cela », explique Ludovic qui a fini par quitter le toit familial l’année dernière pour partir vivre avec un ami à Grand-Baie. Ensemble, ils louent un petit appartement non loin des boîtes de nuit branchées et vivent de petits boulots pour pouvoir s’acquitter du loyer.

Ludovic n’a plus jamais revu ses proches depuis. « Je préfère ne plus leur donner de nouvelles. De leur côté, ils n’ont pas l’air de vouloir me revoir. Je pense que c’est mieux pour tout le monde », lâche-t-il, comme pour s’en convaincre.

Loin de ses proches, Ludovic et son colocataire, également « accompagnateur », enchaînent les rencontres et les relations sexuelles « pas toujours » protégées.

Le jeune homme ne semble pas conscient du danger qu’il court ainsi.Pour ce qui est de l’avenir, Ludovic dit ne pas trop y penser pour l’instant, même s’il sait qu’il ne pourra pas faire le gigolo toute sa vie. « Je me rends bien compte que je ne pourrais pas continuer comme cela éternellement. Je sais qu’il me faudra reprendre ma vie en main et trouver un travail sérieux. Peut-être que ma famille voudra à nouveau m’adresser la parole », lâche-t-il, à demi-mot.

On décèle dans sa voix une certaine amertume mêlée à un regret. Sans doute celui d’avoir claqué un peu trop vite la porte de la maison familiale.












QUESTIONS A NICHOLAS FLORINE, ÉDUCATEUR DE RUE

« Ce n’est pas un phénomène nouveau »

La prostitution masculine tend à prendre de l’ampleur dans les régions touristiques de l’île. Est-ce réellement un phénomène nouveau ou les gigolos se font-ils moins discrets ?


Ce n’est bien évidemment pas un phénomène nouveau. La prostitution masculine, si on prend en compte les travestis, remonte à plusieurs dizaines d’années. Mais ce n’est que très récemment que cela a pris de l’ampleur. Il suffit de se rendre sur certaines plages très touristiques pour s’en rendre compte.

On a du mal aujourd’hui encore à parler de prostitution masculine, car la ligne de démarcation n’est pas très claire. À l’opposé de la prostitution féminine, les gigolos ne monnaient pas toujours leurs faveurs sexuelles.

Ils préfèrent, pour la plupart, profiter du train de vie de la personne avec laquelle ils sont et se font inviter au restaurant, entre autres. D’autres le font, bien entendu, pour l’argent et trouvent cela tout à fait normal.

Devant le nombre croissant d’hommes engagés dans le commerce du sexe, peut-on parler du développement d’un tourisme sexuel ?

Oui. De plus en plus de femmes viennent en vacances seules à Maurice et louent les services de gigolos. Elles font ce que les hommes ont longtemps fait en Thaïlande, où le tourisme sexuel fait rage. Heureusement, la situation ici n’a pas pris la même proportion.

D’ailleurs, les femmes qui engagent les services d’hommes ne se cachent plus. Elles se fichent complètement de ce que les gens pensent. Elles viennent ici pour s’amuser et en profitent. Il m’est arrivé de rencontrer des ressortissantes étrangères qui font le voyage à Maurice deux à trois fois par an, uniquement pour rencontrer des hommes. Dans certains cas, même s’ils restent rares, des sentiments prennent le dessus. Il y a des gigolos qui ont fini par épouser leurs « clientes » et par les suivre dans leurs pays.

Existe-t-il des réseaux de prostitution masculine ?

Contrairement à la prostitution féminine, il n’existe pas réellement de réseaux qui exploitent les gigolos. La majorité d’entre eux travaillent seuls. D’autres, par contre, préfèrent exercer en groupe. Je veux dire par là qu’ils se rendent sur les plages en face des établissements hôteliers pour chercher des jeunes femmes. Mais l’argent qu’ils gagnent, quand ils en gagnent, est pour eux. Ils ne reversent rien à un tiers.

Ils sont généralement assez indépendants. C’est la raison pour laquelle ils se déplacent souvent vers les plages les mieux fréquentées du moment, que ce soit à Grand-Baie, Mont-Choisy ou encore Flic-en-Flac.

Y a-t-il des mineurs engagés dans le tourisme sexuel ?

Malheureusement oui. Mais ces derniers sont le plus souvent la proie d’hommes seuls, venus eux aussi à Maurice en vacances. Même si leur nombre n’est pas élevé, la situation doit être prise au sérieux. Ces mineurs, pour la plupart à la rue, acceptent d’avoir une relation sexuelle en échange d’un déjeuner ou d’un peu d’argent. Il y a un gros travail à faire pour les sortir de la situation dans laquelle ils
sont.










Guillaume GOUGES


Bientôt l'ile MAURICE "l'ile de la TENTATION" ?
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L'idéal : vivre 6 mois à Maurice et 6 mois en France.....si on en a les moyens et la possibilité.
Réponse avec citation