
30/05/2012, 22h50
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Envoyé par Rafic Soormally
ou même de se faire assassiner, Arthur Koestler (pour avoir osé écrire et publié la « Treizième Tribu ») et son épouse, assassinats flagrants passés pour des suicides ! | On découvrit son corps le 3 mars 1983, dans le salon de sa maison de Montpellier Square à Londres. Il était assis dans un fauteuil, un verre de cognac encore à la main. Son épouse Cynthia Jeffries*, qui a vraisemblablement décidé assez tardivement de l’accompagner dans la mort, était allongée sur le divan, un verre de whisky sur la table à côté d’elle. Chacun avait absorbé une dose massive de barbituriques. Depuis sept ans, Koestler était atteint de la maladie de Parkinson. Il souffrait également d’une leucémie qui, lors de sa mort, avait atteint la phase terminale. Dans une lettre écrite en juin 1982 et adressée «à qui de droit», l’écrivain avoue qu’il avait dissimulé sa leucémie à ses amis afin de leur éviter de souffrir. Il y annonce également sa décision de se suicider par une overdose de médicaments obtenus légalement et sans l’aide de personne. «Si cette tentative échoue, écrit-il, ou si j’y survis diminué physiquement ou moralement dans un état tel que je ne puisse plus longtemps contrôler ce qui m’est fait ou communiquer mes souhaits, je demande à être autorisé à mourir dans ma propre maison et à ne pas être ressuscité ou gardé vivant par des moyens artificiels. Je demande en outre que ma femme, mon médecin, ou tout autre ami présent invoque l’“habeas corpus” contre toute tentative de m’emmener de force de ma maison à l’hôpital.» L’écrivain évoque aussi dans ce dernier message la souffrance qu’il causera «aux quelques amis et par-dessus tout à [sa] femme Cynthia». «Je lui dois la paix relative et le bonheur que j’ai connus dans la dernière partie de ma vie et jamais auparavant.» Il souhaite «que [ses] amis sachent [qu’il] quitte leur compagnie en paix, avec l’espoir timide d’une après-vie dépersonnalisée au-delà des limites de l’espace, du temps et de la matière et au-delà des limites de notre compréhension». Ce testament de fin de vie se termine donc avec la confession d’une foi dans une vie posthume transcendante. Depuis 1981, Koestler était l’un des vice-présidents de la Société pour l’euthanasie volontaire, créée en 1953 sous le nom d’exit. Il avait contribué à la rédaction de l’ouvrage intitulé Le guide de l’auto-délivrance, ou cinq façons de mettre fin à ses jours dignement et sans douleur. À lire: L’étranger du square. Arthur et Cynthia Koestler (Paris, Calmann-Lévy, 1984), notes autobiographiques rédigées par les époux Koestler et réunies par H. Harris; Michel Laval, L'homme sans concessions. Arthur Koestler et son siècle, Paris, Calmann-Levy, 2005. Il est mort à 78 ans. Merci de vouloir bien citer vos sources. Pour votre gouverne, il n’est pas interdit en France de critiquer Israël.
__________________ Il est sage de ne pas se compliquer la vie inutilement, les autres s'en chargent. Soyons économes de notre mépris, il y a tant de nécessiteux. |