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| Lu dans "le Mauricien" de cet a-m : INSTANTANÉS Infrastructures : Quand la pluie illustre les faiblesses de la planification… Les fortes précipitations dans l'après-midi de jeudi dernier ont démontré, si besoin est, nombre de faiblesses dans la planification de certaines de nos infrastructures publiques, à un moment justement où des chantiers semblent se succéder un peu partout à travers l'île, à un rythme défiant toute norme de planification d'ingénierie civile. Ainsi, sur la nationale, fraîchement bétonnée de chaque côté à Pailles, pour faire de la place aux trois voies, le manque évident de drains appropriés n'a pas manqué de causer une accumulation inhabituelle d'eau, perturbant grandement la circulation. Même scénario sur la route menant de Réduit à Rose-Hill, au cœur même de la cybercité d'Ebène, ainsi que sur le pont Robertson, à l'entrée de Rose-Hill, entre l'école hôtelière et la MSPCA, où les pompiers étaient encore à l'œuvre, deux heures après, avec des moyens de fortune, pour tenter d'évacuer les 50 cm d'eau qui stagnait sur toute la longueur du pont, faute encore une fois de drains conséquents. Ces fortes pluies, qui n'ont en fait arrosé que certaines parties de l'île pendant une heure ou deux jeudi, nous démontrent le manque de prévoyance de certaines de nos autorités publiques. Imaginons un instant - ce que nous ne souhaitons évidemment pas ! - une pluie ininterrompue avant ou pendant les heures de pointe dans des endroits stratégiques de notre réseau routier… Ces trois photos ont été prises par le secrétaire de la Petrol Retailers Association, Ashok Rughooputh, vers 2 h 30 jeudi dernier, un citoyen qui ne manque jamais de nous signaler des lacunes dans notre système de gestion des prix des carburants et des aberrations tout court qui perturbent, ici et là, le quotidien des Mauriciens… Merci Mr Ashok Rughooputh |
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| Un bon billet d'humeur de mon ami Jean-Claude ANTOINE dans "Week-End" de ce dimanche 09/01 : Histoire d'eau Jean-Claude Antoine L'année allé, l'année vini Navin Ramgoolam n'arrête pas de "découvrir l'Amérique lor map" et de le faire savoir. Sa dernière découverte fondamentale : il existe un sérieux problème dans la distribution d'eau potable à Maurice. Le problème qu'il vient tout juste de découvrir existe depuis l'époque où son père était Premier ministre, a perduré sous Anerood Jugnauth et s'est développé, si l'on ose dire, sous ses différents gouvernements et alliances depuis 1995. Depuis l'époque du règne du père de Navin Ramgoolam, la population a considérablement augmenté et des industries nécessitant une grosse consommation d'eau se sont développées dans le pays alors que le nombre de réservoirs est resté le même, si l'on excepte le Midlands Dam dont les eaux sont destinés à l'agriculture. Depuis que son père était au pouvoir, les experts ont fait savoir qu'un des handicaps de la distribution d'eau potable à Maurice réside dans les pertes causées par un système défectueux et dépassé. La mauvaise distribution de l'eau potable est devenue un des problèmes de la société mauricienne. A tel point que depuis la fin des années 70, Nitish Joganah chante "dilo arrêté neuf heures" et cette chanson est encore d'actualité en 2011. Vous me direz que depuis une majorité de maisons disposent d'un réservoir avec une pompe électrique pour pallier aux coupures. C'est vrai. Mais les réservoirs les plus hi-tech du monde ne peuvent se remplir si l'eau ne coule pas du robinet. Et plus le temps passe et moins il en coule, de l'eau dans les robinets de la CWA. Demandez aux ménagères qui sont obligées de se transformer en porteuses de "touks" d'eau pour remplir leurs réservoirs. Demandez à celles qui font queue avec leurs seaux en attendant les camions citernes. Le Premier ministre a pris du temps pour faire sa découverte. Comme l'aurait dit feu Angidi Chettiar : "garçon-là un peu lente". Ce rappel ayant été fait, il faut admettre un chose : Navin Ramgoolam a fini par reconnaître l'existence du problème. Ce qui lui a valu, vous vous en doutez, les applaudissements de son conseil des ministres, de sa majorité parlementaire, de ses admirateurs et de son électorat et, comme c'est le cas tous les soirs à la MBC, la une du JT reprise par la presse du lendemain. Preuve, s'il en était encore besoin, que même en ce début du 21ème siècle, nous vivons dans une société où un problème n'existe que quand le chef du pays en reconnaît officiellement l'existence. Fort bien: qu'a-t-il fait depuis sa découverte du problème pour le régler ? Il a demandé à Harry Boolauck, qu'il avait lui-même nommé directeur général de la CWA, et dont il avait renouvelé le contrat, de quitter son poste. Il a pris du temps Navin Ramgoolam pour demander à son nominé politique de "lev so paké allé". Harry Boolauck, c'est le directeur général qui avait déclaré à son entrée en fonction que le système de distribution d'eau de la CWA connaissait 40% de pertes et qui, au lieu de faire remplacer les tuyaux percés et les filtres qui se bouchent à la moindre grosse averse, a passé une partie de son temps à faire des grandes déclarations à la télévision. Et à privilégier certaines régions par rapport à d'autres dans la distribution d'eau par camions citernes. Ce qui l'a contraint à déménager pour éviter les coups de savates de consommatrices en colère. Quand il a quitté la CWA, le pourcentage des pertes d'eau sur le réseau de la CWA était passé de 40 à 47%. Depuis le départ forcé d'Harry Boolauck, la distribution d'eau ne s'est pas améliorée, loin de là. Certaines régions restent sans eau pendant plusieurs jours, tout comme des requêtes d'abonnés auprès de la CWA demeurent sans réponse. Pour ne pas changer, les autorités ont eu recours à des mesures palliatives : elles ont annoncé, promis, menacé, fait appel à la responsabilité des Mauriciens. Il est désormais interdit de nettoyer sa cour au karcher - vendu en promotion dans toutes les grandes surfaces depuis le début de la sécheresse - ou de laver sa voiture. Est-ce que cette mesure s'applique aussi aux grosses cylindrées dans lesquelles voyagent nos dirigeants, ou bénéficient-ils de l'exception qui confirme la règle ? Tout ce qui précède a été déjà écrit l'année dernière et l'année d'avant et la situation n'a guère évolué. "The same old song" que l'on entend en décembre et début janvier vient d'être joué à nouveau. Comme d'habitude, on attend les grosses pluies d'été et l'on se fie aux précipitations liées aux dépressions pour remplir nos réservoirs. C'est ainsi que l'on règle le problème de l'eau à Maurice en priant pour que la pluie tombe. Et quand elle tombe, comme ce fut le cas en ce début de janvier, la majorité de l'eau va se perdre dans la mer et le pays est paralysé. Il a suffi que six millimètres de pluie tombe sur la partie de l'autoroute refaite à Pailles pour que cette dernière devienne un lac et qu'il faille casser un pont neuf pour faire partir les eaux. Et les drains me direz-vous? Ils n'existaient pas, les techniciens qui ont fait les plans de modernisation de l'autoroute n'y ayant pas pensé. Ainsi va Maurice que les dirigeants annoncent comme le futur tigre de cette partie de l'océan Indien. Maurice, le nouveau Singapour? Aret faire riyé do kamarad! Encore un mauricien frustré de l'ile Maurice, ou bien un mauricien, vivant sur place, qui ose dire la vérité ? |
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